Sans visa, mais sous conditions : l’expérience de Nha Trang pour reconquérir les groupes chinois
Nha Trang s’est toujours vendue grâce au soleil, au sable et à un vol court depuis le sud de la Chine. Le Vietnam teste désormais si la suppression d’une formalité peut ramener les visiteurs en plus grand nombre. Depuis le 12 octobre, les citoyens chinois titulaires d’un passeport ordinaire de Chine continentale peuvent visiter la province de Khanh Hoa, où se trouve Nha Trang, sans visa, dans le cadre d’un programme pilote valable jusqu’à fin 2027.
Les petits caractères
Ce n’est pas une porte grande ouverte. Les visiteurs doivent voyager en groupes d’au moins deux personnes, avec des forfaits tout compris organisés par des voyagistes internationaux vietnamiens agréés. Ils doivent arriver par vol direct de Chine continentale à l’aéroport international de Cam Ranh et repartir par ce même aéroport, ne pas rester plus de 30 jours et ne pas quitter Khanh Hoa. Les voyageurs indépendants n’y ont pas droit, pas plus que les détenteurs de passeports de Hong Kong ou de Macao.
Le dispositif est lié à l’Année de coopération touristique Vietnam-Chine 2026-2027, et sa conception est délibérée. En canalisant les arrivées par un seul aéroport et des agences agréées, les autorités gardent le contrôle sur qui arrive et où il va, tandis que la province obtient le volume qu’elle souhaite.
Qui y gagne, qui doit s’inquiéter
Hôtels, restaurants de fruits de mer et opérateurs d’excursions vers les îles sont les premiers gagnants, tout comme les compagnies aériennes qui ajoutent des liaisons directes. Le modèle comporte toutefois des risques connus. Le tourisme de groupe a connu dans la région les « circuits à zéro dollar », où des forfaits bradés sont rentabilisés par des arrêts shopping imposés et où peu d’argent parvient aux commerces locaux indépendants. La rigueur avec laquelle les agences sélectionnées seront contrôlées déterminera si les habitants en profitent.
Pour les autres voyageurs, rien ne change pour l’instant. Mais si l’essai porte ses fruits, les provinces balnéaires voisines réclameront sans doute le même traitement et d’autres marchés suivront l’expérience de près.